Oliech, streamer de l’année : “J’aime ce que je fais et puis Basta!”

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Oliech, streamer de l’année : “J’aime ce que je fais et puis Basta!”

La nouvelle en aura surpris plus d’un. En clôture de la Paris Games Week, les Coca-Cola Gaming Awards ont sacré les personnalités marquantes de l’année. Et dans la catégorie du streamer de l’année, c’est un belge qui s’est distingué, devant les monstres d’audience que sont ZeratoR et Domingo. Réaction.

Quelques jours après l’annonce de son titre de streamer de l’année, nous avons contacté Oliech pour qu’il nous livre ses premières réactions par rapport à ce trophée. Visiblement encore un peu surpris par la nouvelle, le streamer belge garde les pieds sur terre et veut avant tout continuer à prendre du plaisir dans ce qu’il fait. Avec lui, nous avons bien sûr évoqué Hearthstone, le jeu qui lui vaut aujourd’hui ce titre de noblesse, ainsi que la situation de la scène gaming en Belgique.

JVB : Oliech, félicitations pour ce titre. Qu’est-ce que ça fait d’être élu streamer de l’année ?

Oliech : Ca fait plaisir mais après, en soi, je ne sais pas si je le mérite ou pas. J’aime ce que je fais et puis Basta quoi. On va juste dire que c’est cool que les gens aient voté pour moi vu le système de votes mais après ça ne change pas grand chose. Je ne t’aide pas beaucoup hein ! Je suis content d’avoir reçu ce titre mais de mon point de vue Zerator a fait une belle année, je pense qu’il était plus légitime pour recevoir ce titre de streamer de l’année.

JVB : Etre élu par le public, devant Zerator ou Domingo, c’est quand même une sacré surprise.

Oliech : Globalement, Zerator a une plus grosse communauté que moi. Après j’ai derrière moi la TV de l’ArmaTeam et ça fait sans doute une grosse communauté qui peut me soutenir. Il y a peut-être eu une mauvaise communication de leur côté ou ce genre de choses. Après certains ont pu dire que les votes étaient un peu truqués, mais à partir du moment où j’ai quitté Webedia, et que Zerator bosse parfois pour Coca-Cola, … Je vois pas trop l’intérêt pour eux d’avoir truqué le vote pour me donner le titre. Je pense que c’est plutôt une question de communication et peut-être le fait que l’ArmaTeam et Hearthstone restent globalement une grosse communauté.

Ce titre de streamer de l’année ne changera rien pour moi. Ca me fait juste plaisir de voir que des gens m’ont soutenu… Je sais que c’est un peu controversé, et je ne me prends pas la tête avec ça. Pour moi, rien que le fait d’être nommé c’était cool alors… Récupérer le titre, ouais c’est bien, mais je pense que des mecs comme Zerator ou Domingo ont plus bossé “pour”. Ca fait un peu le mec qui est genre déçu, mais c’est pas ça, c’est juste que je pense qu’il y avait plus légitime que moi. Après c’est mon métier, j’essaye de faire cela sérieusement. Je kiffe ce que je fais. Mais pour moi, je n’ai pas besoin de recevoir de prix parce que j’aime ce que je fais.

JVB : C’est d’autant plus étonnant que tu as une tranche horaire tardive, avec un public peut-être un peu plus âgé que la moyenne.

Oliech : Hearthstone en terme de streaming reste une grosse communauté. Je pense qu’il y a énormément de joueurs, dont beaucoup sont des joueurs plutôt casual (occasionnels). C’est une communauté qui reste globalement assez âgée effectivement. Lors d’un de mes streams, on a fait un sondage pour connaitre un peu l’âge des viewers, et globalement, il n’y avait que 10% de viewers de – de 18ans. Tu t’en doutes bien aussi, quand je streame jusqu’à trois heures du mat’, en semaine même, ce n’est pas des gamins qui restent à me suivre sur le stream.

JVB : C’est un profil de communauté avec lequel tu te sens plus à l’aise ?

Oliech : Ouais, je suis quelqu’un qui dit ce qu’il pense. Parfois je suis un peu trash, même dans ma façon de parler. J’ai beau être prof à la base, je peux parfois répondre avec un langage un peu familier, limite grossier. C’est certainement plus facile quand tu sais que tu parles à des plus de 18 ans.

JVB : Ca ne t’empêche pas d’être connu pour être quelqu’un qui ban facilement.

Oliech : Encore une fois, j’aime streamer et si quelqu’un me casse les cou***es ou autre… Le but c’est de passer un bon moment, donc si quelqu’un va dans le sens inverse, je me prends pas la tête et je ban. Et si le mec vient me parler et me demande d’être deban, je deban aussi vite quoi… C’est juste que je ne laisse pas déraper le truc. Parfois j’abuse un rien, mais ça fait partie du jeu aussi. Au final j’en joue parce que cela fait aussi un peu marrer les gens, … Il y a beaucoup de gens qui viennent titiller exprès.  Tu as des mecs qui savent que je ban facilement et qui pensent que je m’énerve rapidement avec ça, mais au final, ça ne m’énerve pas, c’est juste que je préfère garder une ambiance sur le stream plutôt que de m’énerver.

JVB : La nouvelle extension d’Hearthstone, tu en penses quoi ?

Oliech : On n’a pas eu énormément d’infos pour le moment mais j’ai hâte évidemment. A chaque fois, les extensions permettent de recycler un peu le contenu. Et puis forcément, il y a la hype et les vues qui remontent, et pour les streamers comme nous, c’est le plaisir avant tout. Quand on arrive comme cela dans une phase un peu creuse où cela fait plusieurs mois que l’extension est sortie, que tous les decks et la meta est stable, ça amène de la nouveauté et de la fraicheur et c’est cela qui permet au jeu de continuer. S’il n’y avait pas ça, si le jeu n’évoluait pas, en restant sur la même extension pendant un an, au bout d’un moment, on n’aurait plus l’envie.

 

JVB : En se fixant un objectif de trois extensions par an, n’y-a-t-il pas un risque de ne pas se réinventer et de tourner en rond ?

Oliech : Je n’ai pas l’impression. Je ne suis pas un expert des jeux de cartes dans l’ensemble, je suis avant tout un joueur d’Hearthstone, mais je sais que dans les formats comme Yu-Gi-Oh ou Magic, le nombre de cartes est vraiment incroyablement plus élevé. Du coup, ils peuvent trouver de l’inspiration sur tous les autres formats et jeux de cartes qui existent. Il y a tellement de possibilités que je ne m’inquiète pas trop à ce niveau-là. Je pense simplement que le danger, pour Hearthstone, c’est plus de se planter sur une extension et de ne pas rectifier le tir rapidement. On l’a vu sur la dernière extension. Ce n’est pas qu’ils se sont plantés, le format des DK marche très bien, mais globalement le druide était trop fort et finalement ils ont rectifié le tir mais c’était sûr. Ils ont réagi. Bon, il a fallu un mois, mais c’était sûr qu’ils allaient devoir modifier le jeu pour équilibrer. A ce niveau-là, Blizzard fait les choses bien et il y a des petits changements qui arrivent à gauche à droite pour faire en sorte que le jeu évolue de manière positive.

JVB : La compétition, ce n’est pas quelque chose qui te démange ?

Oliech : Non pas spécialement. Encore une fois, c’est plus une question d’envie et de temps.  Je sais que les gens veulent que je fasse des compétitions. Avec les Hearthstone Global Games, l’occasion était parfaite parce que c’était en équipe, dans un format un peu spécial, et c’était cool d’y participer avec Maverick. Mais sinon, la compétition ne me tente pas trop pour le moment. Disons que si je veux faire mes streams, mes videos à côté, que je dois m’entrainer, faire des compétitions, je vais saturer, ça va faire trop en fait. Cela va juste me souler, me gaver, et vu que j’aime bien ce que je fais… Je préfère faire des streams et des videos que de faire des tournois. Donc le choix est vite fait.

JVB : C’est quoi une journée type du streamer de l’année ?

Oliech : Une journée classique pour moi c’est un bon petit stream 20h-03h, et souvent je vais record une video dans le début d’après-midi. Ensuite je la prépare pour youtube. Et puis à côté de ça, il faut répondre aux messages sur Twitter, sur Facebook, sur Youtube, sur Skype, regarder les mails, …

JVB : Cela te laisse du temps pour jouer à autre chose ?

Oliech : Oui oui, je joue pas mal à Fortnite en ce moment. J’ai joué à H1Z1 aussi, et puis je vais quand même assez souvent à la salle de sport, c’est important aussi… on casse un peu le mythe. Donc oui, cela me laisse du temps pour avoir une vie normale. En fait j’ai l’impression de faire un boulot comme si j’avais un horaire du soir. Je sais que beaucoup de gens travaillent pour l’argent avant tout, mais moi j’aime ce que je fais. Au niveau des horaires, cela ne me dérange pas de travailler tard. Même si à la base j’aimais bien aussi ce que je faisais en tant que prof de sport.

JVB : Tu pourrais te mettre à streamer autre chose que du Hearthstone ?

Oliech : Sur Armateam c’est prévu que je ne fasse que du Hearthstone. Si je veux streamer d’autres jeux, ce sera sur ma chaine perso. Actuellement ce n’est pas encore en projet. Cela pourrait se faire, cela se fera peut-être un jour. Mais cela reste hearthstone avant tout et actuellement je n’ai pas spécialement envie de mettre plus de temps là-dedans.

JVB : Pour percer dans le milieu, tu es passé par une structure française. Est-ce que c’est quelque chose qui manque en Belgique ?

Oliech : La Belgique n’a pas vraiment de structure qui peut investir ou qui a l’investissement derrière. Moi si j’ai travaillé là-dedans, à Eclypsia, c’est tout simplement parce que eux m’avaient proposé un contrat et je m’étais dit qu’il fallait que j’aille tester. Personellement je ne me serais pas lancé là-dedans si je n’étais pas certain d’avoir un truc sûr à la base. C’est là que c’est un peu difficile. Il faut avoir de la chance, les contacts, partir du principe que c’est une passion, … Je n’étais pas parti dans l’idée de travailler là-dedans. Cela c’était fait “tout seul”. Pour les gens qui veulent absolument bosser là-dedans, c’est souvent une erreur de trop se donner aussi. Il faut garder en tête que cela doit d’abord être une passion et si ça arrive à marcher tant mieux. Des structures en Belgique, je t’avoue que je ne suis pas trop mais ce sont en général des structures semi-pro. Ce n’est pas quelque chose de rentable comme en France. Il y a un manque de sponsor encore. Il faut que ça évolue à ce niveau là.

JVB : C’est lié à un manque de considération vis-à-vis de l’esport et du gaming en Belgique ?

Oliech : Je ne pense pas que ce soit lié à une certaine vision du gaming en Belgique. Cela a pris de l’ampleur en France mais surtout à proximité de Paris. Du coup c’est plus simple pour les sponsors, pour les évènements et autres… Forcément cela a un coût aussi de se dire que tu es en Belgique et que tu dois à chaque fois te déplacer pour les évènements sachant que Paris est un peu l’endroit où tout se passe à ce niveau-là. Je ne pense pas qu’il y ait une grosse différence entre la Belgique et la France, c’est juste qu’il y a beaucoup de choses qui se passent à Paris.

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